L’impact du salaire jeunesse

Pour les jeunes

  • Ils prennent confiance en eux et gagnent en assurance pour leurs décisions financières.
  • Ils apprennent à gérer leur argent.
  • Ils apprennent à prévoir les dépenses à plus long terme et à épargner pour de gros achats ou pour réaliser leurs souhaits.
  • Ils réfléchissent à leurs décisions d’achat et font la différence entre désirs de consommation et acquisitions nécessaires.
  • Ils font davantage attention aux prix.
  • Ils prennent mieux soin de leurs affaires personnelles et apprécient davantage les cadeaux.

Pour les Parents

  • Ils ont davantage confiance dans l’autonomie et la responsabilité personnelle de leurs enfants: souvent, les relations au sein de la famille connaissent des changements positifs.
  • Les rôles, compétences et obligations relatifs aux questions d’ordre financier sont clairement définis: souvent, les conflits et les disputes au sujet de l’argent diminuent au sein de la famille.
  • Ils se rendent compte que le salaire jeunesse simplifie les discussions sur le coût de la vie et la gestion de l’argent.

En 2014, le centre de compétences Prévention et santé de la Haute école de Lucerne a réalisé une première évaluation scientifique de l’efficacité du salaire jeunesse en interrogeant les parents. Lien (disponible uniquement en allemand)

Toutes les citations des parents figurant sur ce site proviennent de cette évaluation.


«Je trouve que permettre aux enfants d’apprendre relativement tôt à gérer l’argent est une brillante idée. Je pense qu’ils seront bien moins exposés au risque d’endettement parce qu’ils auront appris que ce qu’ils ont, ils peuvent le dépenser, et que ce qu’ils n’ont pas, ils ne l’ont pas.»


«Je trouve cela totalement positif, y compris pour les jeunes: ils voient la gestion de l’argent sous un angle complètement différent quand ils peuvent eux-mêmes prendre des décisions.»


«Au début, la répartition était compliquée pour lui. Et c’était compliqué pour moi de rester ferme et de ne pas dégainer le porte-monnaie pour lui payer une place de ciné.»


«C’est moi qui ai eu le plus de mal à m’y faire (rires). Pas facile de voir un super pull ou un magnifique pantalon et de ne pas y toucher. C’est radical comme changement, mais j’y suis arrivée.»


«Les jeunes comprennent eux-mêmes comment ils doivent gérer leur argent.»


«Mon fils avait besoin de chaussures de sport pour l’école. Il voulait absolument des Nike ou des Adidas, qui étaient au top de la mode. Je lui ai dit qu’elles coûtaient 230 francs et qu’elles seraient complètement usées en trois mois s’il jouait avec au foot. Bien sûr, cela entraînait des confrontations. C’étaient des situations vraiment difficiles. Quand il a ensuite reçu le salaire jeunesse, il est rentré à la maison avec des baskets premier prix de chez Migros, celles avec les lacets verts. Tous ses copains l’ont remarqué. Il aurait pu prendre 150 francs sur les 230 et s’acheter des chaussures plus chères, mais à un moment donné il a dû avoir des scrupules. C’était l’une des premières expériences du salaire jeunesse qui nous ont fait sourire, mon mari et moi.»


«Il maîtrise. Il réfléchit, se demande si ça passe ou non. C’est bien. Il a aussi besoin de beaucoup moins de choses. Il dépense moins.»


«Nous avons surtout appuyé sur le fait que lorsqu’il n’a plus d’argent sur son compte avant la fin du mois, il faut être cohérent et ne pas lui en donner davantage. Cela fait partie des conventions les plus importantes. C’est quelque chose qu’il a fallu “faire passer”, puis il a compris.»


«Le salaire jeunesse donne à un jeune de 14 ans une véritable autonomie, un peu plus d’indépendance mais aussi un nouveau terrain d’expérimentation.»


«Je ne sais pas si cela a directement à voir avec le salaire jeunesse, mais il a beaucoup gagné en indépendance cette année. Par exemple, pour chercher une place d’apprentissage, il a tout fait lui-même.»


«Cela soulage les parents. Pour nous, c’est un grand soulagement.»


«Pour moi, c’est la liberté. Je n’ai plus à leur répéter sans cesse qu’ils doivent faire attention. Je n’ai plus à entendre à longueur de journée “je veux ça ou ça, untel a ce jeu vidéo, unetelle a cet appareil électronique”. Je réponds simplement: “très bien, tu n’as plus qu’à commencer à faire des économies, à faire attention à mettre des sous de côté.” Il y a toujours les cadeaux de Noël et d’anniversaire, mais sinon je peux simplement dire “à toi de définir tes priorités”. Je trouve que c’est un soulagement extrême. Et quand ils cassent quelque chose quand ils sont en colère, je peux simplement dire: “ah, dommage, il faut que tu t’en rachètes un neuf.”»


«Comme beaucoup d’autres parents, il y avait toujours un peu de tension entre nous et notre fils au sujet de l’argent de poche: bien sûr il n’en avait jamais assez, ou parfois il avait tout dépensé au milieu du mois et voulait quand même faire ou s’acheter quelque chose. Cela a toujours créé des tensions. Et elles ont toutes disparu d’un coup. Tout était clair. Les règles sont claires et connues, alors qu’auparavant nous n’avions peut-être pas tout établi aussi fermement. C’était tout simplement la détente générale.»


«Mais le bon côté, c’est que nous avons parlé du fait d’avoir ou de ne pas avoir de l’argent, et que faire avec l’argent. Cela a déclenché des discussions. J’ai trouvé cela très positif.»


«On est beaucoup plus dans un rôle de conseiller que d’éducateur. À partir de là, j’ai trouvé que la relation avec notre enfant avait changé, dans la mesure où on le respecte très différemment, on attend de lui qu’il soit capable de prendre certaines décisions.»